AFIS 2025 - Casablanca, 3 et 4 novembre 2025
J’ai eu le plaisir de participer au panel « Relancer les marchés boursiers africains : forger des entreprises familiales cotées en bourse aux ambitions panafricaines » à l’occasion de l’Africa Financial Industry Summit (AFIS), ce lundi 03 novembre 2025 à Casablanca.
Au cours de mon intervention, j’ai partagé une conviction forte : si nous voulons des marchés boursiers transformés et pérennes, nous devons y attirer davantage d’entreprises à capitaux majoritairement d’origine africaine.
En effet, « africaniser » nos marchés boursiers dans la dynamique de la montée en puissance de nos secteurs privés, c’est permettre à nos économies de raconter elles-mêmes plus tard l’histoire de leur développement à travers leurs propres champions.
Les entreprises familiales jouent un rôle de plus en plus important dans nos économies. Elles représentent près de 70% du secteur privé en Afrique, mais restent encore trop peu présentes en bourse (7%) alors même que les investisseurs sont désormais prêts à les accompagner.
On reste focalisé sur les questions de perte de contrôle, de transparence, de coût etc. pour ne pas aller en bourse afin de renforcer les fonds propres des entreprises pour leur donner les moyens de leurs ambitions. Et pourtant, nos capitaines d’industries et d’entreprises sont préoccupés par la question de la survie et de la transmission intergénérationnelle.
La question cruciale qu’on doit se poser est la suivante : Que doit-on transmettre aux générations futures ? La gouvernance, la gestion ou le capital ?
La gouvernance est importante certes mais l'on peut se l'offrir, il y a des règles pour l’encadrer. Les compétences peuvent être acquises ou « achetées » pour la gestion.
L'enjeu fondamental, c’est la transmission du capital. Car c’est le capital qui préserve l’autonomie stratégique, la vision de long terme et surtout le patrimoine familial.
Pour y parvenir, de mon point de vue, nous devons collectivement: (i) promouvoir des mécanismes de gouvernance adaptés à nos réalités africaines, (ii) imaginer des règles de cotation qui préservent le patrimoine familial et (iii) consolider les passerelles de financement régionales, à travers les initiatives comme le WACMIC en Afrique de l’Ouest et l’AELP au niveau continental, qui favorisent l’interconnexion de nos bourses.
J’ai rappelé qu’à la BRVM, nous sommes résolument engagés à : (i) faciliter l’accès aux ressources de long terme, (ii) renforcer la transparence et la gouvernance des entreprises cotées et (iii) accompagner l’expansion régionale des entreprises familiales de notre Union.
Ma conviction profonde, c’est que l’histoire de l’économie africaine doit être écrite par des entreprises africaines qui se transmettent de génération en génération, avec le capital comme levier de continuité et d’ambition.
Pour rappel, l’AFIS se tient à Casablanca les 03 et 04 novembre 2025 sur le thème : « Libérons la puissance financière de l'Afrique - Il est temps de mobiliser à grande échelle les capitaux nationaux ».



